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Old 06-24-2009, 09:17 AM   #1
Emlar_from_Halas

Loremaster
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- Les revoilà.

L'armure du guerrier crissa tandis qu'il se retournait vers son frère. Des scolopendres s'échappèrent de ses gantelets et s'éparpillèrent comme une myriade d'insectes effrayés par la lumière. Tous trouvèrent un abri sous ses hardes pourrissantes. Le guerrier tourna son visage putréfié vers son interlocuteur qu'il dépassait de plus d'une tête.

- Alors, ils sont déjà revenus ?

- Nous savons toi et moi que nous sommes [Removed for Content]és pour l'éternité. Leur quête de vengeance n'aura jamais de fin. Sauf si...

- C'est une alternative que je ne veux même pas envisager, le coupa sévèrement Gynok Moltor. "Oui ! Nous avons failli. Oui ! Nous sommes maudits ! Et Alors ? Crois tu que nous trouverons la moindre clémence ?"

- Peut être que l'oubli serait..."

- Les Dieux ne nous oublieront pas ! Marr nous a maudits et il est rancunier au delà de toute éternité !

Vin Moltor ne rajouta rien. Il connaissait trop bien son frère déchu pour savoir qu'aucun propos, qu'aucun acte ne saurait changer sa position. Il en allait ainsi depuis sept siècles déjà. Sept longs siècles de torture, condamnés à errer dans les ruines du Bastion de Marr qui serait leur tombeau pour l'éternité. A ressasser leurs fautes. A se souvenir inlassablement de leurs crimes.

Combien il regrettait ce jour funeste où Gynok posa la main sur la garde de la Claymore. L'épée n'avait rien de maléfique en soi, mais le prix qu'il avait du payer pour s'en emparer avait été trop grand. Cela avait lentement altéré la psyché de son frère. Ils avaient constaté, jour après jour, Marn et lui, les changements. Les sautes d'humeur. Les bouffées de rage et la soif inextinguible de combats.

Lorsqu'ils avaient entendu parler du Bastion de Marr dans les terres communes, Marn et lui avaient décidé d'y emmener leur frère, espérant que les paladins sauraient étouffer cette rage maladive. Hélas, trois fois hélas, loin de pouvoir le calmer, les paladins n'avaient fait qu'enflammer le démon qui semblait habiter Gynok.

Oh ! Ils auraient pu ne pas suivre leur frère dans cette folie. Mais les liens du sang et la loyauté indéfectible du clan les avaient poussés jusqu'à l'impensable. Dans leur folie, ils avaient même réussi à convaincre Nax et Zathra de leur emboiter le pas. Ils n'avaient pas eu le temps de se demander quelle avait bien pu être leurs motivations. Et sept cents ans plus après, il ignorait toujours si la soif de pouvoir, la vengeance ou la démence les avait conduits à perpétrer de tels actes. De toute façon, lets regrets n'avaient plus de place. Car la malédiction n'avait pas pour but la repentance. Gynok ne s'y plierait jamais. Elle n'était là que pour les punir et servir d’exemple. Même lorsque les Dieux avaient fuit Norrath, le pouvoir de Marr sur les cinq maudits était resté inflexible. Le bastion de Marr serait leur tombeau à tout jamais.

Les crissements de l'armure rouillée de Zathra le tirèrent de ses rêveries morbides.

- Ils viennent de répandre le sang de Thaut-Em-Aua et se chargent des sels en vue d’affronter Xebnok, annonça le Prêtre maudit.

- Alors, ce n’est qu’une question d’heures, ils l’ont déjà vaincu à plusieurs reprises et son charme n’est plus une surprise pour eux, confirma Marn d’un ton monocorde dénué de toute implication.

- Invoquons néanmoins les détonateurs. Qui sait ? Cela contribuera peut être à les affaiblir.

Zathra et Nax s’éloignèrent. Le bruit des combats était maintenant audible. Tout proche. Vin sentit l’invocation et regarda les ossements frémir et se reconstituer en squelettes tremblants. En quelques secondes, cinq guerriers mort-vivants se tenaient, armes en main et sous l’ordre de Zathra, ils se ruèrent dans la grotte où les cris de Xebnok se répercutaient, mêlant clameur et fureur.

 

Bien calé dans l’anfractuosité, le Barbare encaissait les coups de l’Ogre avec la confiance issue de l’expérience. Ses soigneurs le maintiendraient en vie quoiqu’il se passe, tandis que Zultag gérerait au mieux le fourmillement de squelettes.

- Un bon gars que ce Zultag, se dit-il en interposant son Mur Sauvage tandis que Xebnok lui assenait un violent coup de revers qui fut quasiment absorbé par la magie innée du bouclier. « Dommage que ce soit un Fae ».

Ses doutes, par contre, à l’encontre de Trashgone étaient toujours présents. Il ne pouvait s’empêcher de penser que partager la même race faisait du chevalier de l’ombre un allié potentiel  de Xebnok. Plusieurs fois dans le passé, le comportement du chevalier lui avait paru douteux. Mais peut être n’était-ce qu’un des aspects de la paranoïa grandissante qui semblait le gagner en songeant au combat contre ses pairs qui approchait.

Une fois de plus, il canalisa la rage de Xebnok vers Trash. Le voir taper sur un frère de race comme un sourd aurait du lui ôter toute ambigüité sur la loyauté du chevalier. Mais il n’en était rien. Et pourtant, il prenait cher ce pauvre Trash. C’en était presque comique. Heureusement pour ce dernier, Xebnok réalisa enfin son erreur et se retourna vers le Barbare qui attendait son tour, bien campé sur ses deux jambes. Il sentit l’intensité des sorts de protection que ses soigneurs avaient tissés tout autour de sa personne. Cela le fit sourire. Un rictus prédateur.

Au bout de quelques instants, Trash se mit lui aussi à lui taper dessus avec sa longue épée. Il avait beau savoir que c’était un effet du charme de Xebnok, ça l’agaçait toujours autant. Heureusement, il était gros et lent. Ses coups étaient aussi prévisibles que ceux d’un gosse de huit ans. Mais quand même… Un de ces jours, il finirait par riposter, juste pour voir l’air surpris que l’ogre prendrait en sentant son épée mordre dans ses chairs. Il pourrait toujours trouver une excuse par la suite…

Le barbare jeta un coup d’œil sur le reste du combat. Zultag faisait tournoyer sa hache tandis que les sorciers faisaient s’abattre des déluges de flammes et de miasmes sur les squelettes dont la structure osseuse fondait sous l’intensité mortelle des foudres mystiques.

Le combat était maintenant rodé, chacun jouait son rôle à la perfection. Les sels guérissaient les dépressifs et les rares blessés venaient se faire soigner avant qu’un nouveau groupe de squelettes ne vint semer la pagaille.

Dans un dernier beuglement, Xebnok recula. Sa lourde lame tinta sur le sol tandis que le reste de la confrérie s’écarta rapidement pour ne se retrouver écrasée par la masse. Xebnok n’était plus. Il était maintenant temps d’affronter ses frères de race.

 

Vin posa sa main décharnée sur l’épaulilère de Zathra.

- Tu peux t’arrêter lui confia-t-il. Ils ont vaincu Xebnok.

- Il fallait néanmoins essayer, annonça le Prêtre en stoppant ses incantations.

Il fallait bien reconnaître qu’en dépit de leur sort peu enviable, Zathra et Nax n’avaient jamais remis en cause la domination de Gynok. Ils continuaient inlassablement à jouer leur rôle. Nuit après nuit. Avec une résolution dont seuls les paladins peuvent faire preuve. Même s’ils ont renié leur vœux les plus chers, trahis leurs frères et trucider leurs proches. Quelque part, cela suscitait une forme d’admiration chez Vin. Sans qu’il fut capable d’expliquer pourquoi d’ailleurs. Il suivait son frère depuis que leurs premiers pas les avaient amenés hors de la hutte familiale à Halas. Ni lui, ni Marn n’avaient jamais remis en cause cet état de fait. Ce que Gynok voulait, ses frères l’aidaient à obtenir.

Gynok mobilisa l’attention de ses comparses.

- Je m’occupe de leur meneur, décimez moi les autres. Aboya-t-il.

Chacun connaissait son rôle. Nax devait neutraliser leur magie. Vin s’occuperait de les désorganiser tandis que Zathra et Marn les larderaient de coup.

- Les voilà enfin ! Annonça Gynok.

Comme d’habitude, le démon qui l’habitait se réveilla et fit croitre la rage qui le hantait. Gynok leva la longue lame de sa Claymore qu’il tint à deux mains au dessus de sa tête. L’arme devait bien faire 8 pieds de longs. Un métal éclatant sur lequel le temps n’avait eu aucun impact, contrairement à tout le reste.

- Approche mon frère, que je te fauche comme les blés ! Hurla-t-il à l’attention de leur meneur.

 

Le Barbare sentit toutes ses craintes se cristalliser en entendant l’avertissement prononcé en vieil Halasien par le gigantesque zombie. De son héritage Halasien, il ne conservait que ça, la maîtrise d’une langue qui ne le rattachait qu’à des légendes. Gynok et ses frères avaient, eux, connus Halas. Ils en avaient côtoyé les clans, parcouru les steppes glacées, partagé les dures conditions de vie et l’honneur d’en faire partie. D’honneur, il ne restait rien chez ces êtres maudits des Dieux. Mais en les affrontant, il prenait le risque d’éliminer les rares êtres qui avaient encore le souvenir de ce temps disparu.

- Sgueguemuche !! S’écria le barbare en réalisant que la lourde claymore avait bien failli lui décoller la tête. Toucher de la mort dans dix secondes.

Il sentit la présence de Pitchou, le moine, à ses cotés, qui avait remplacé Trash à cause de ses blessures. Il vit Genki et Fopa venir porter leur coup traumatisant tandis que Gynok proférait les terribles paroles qui invoquaient sa malédiction. Celle-ci prit la forme d’une chape de miasmes qui le fit hurler de douleur et le força à un immobilisme mortel. Pour faire abstraction de ses doutes et de la perversion qu’il sentait s’immiscer en lui, il fixa un détail de l’armure rouillée de son adversaire. Il se força à en identifier tous les détails. Les reliefs ouvragés, les copeaux de métal tordus, la pourriture omniprésente et la vermine grouillante. Scolopendres, vers et araignées évoluant sur ce territoire improbable et maudit. Il attendait tandis que ses soigneurs œuvrait de leur coté à la dissiper. Et puis la chape disparut aussi soudainement qu’elle était apparu.

La masse impressionnante de son adversaire le surplombait toujours, avec sa suffocante odeur de putréfaction, mais il retrouva néanmoins un soupçon d’espoir en recouvrant sa capacité de mouvement.

Sur sa gauche, les deux frères Moltor restants et leurs deux acolytes offraient un front uni face à Zultag. Le ballet des scouts et des sorciers qui venaient, tour à tour, placer leurs banderilles dans une mécanique bien rodée finit par lui ôter une partie de son appréhension.

Mais déjà le manège de Gynok reprit, et délaissant sa claymore, il psalmodia de nouveaux la terrible malédiction. Qu’il put jouer de la mort, alors que cette dernière lui était à jamais interdite était une cruelle ironie de la part des Dieux. Mais il n’eut pas le temps d’approfondir le sujet, car déjà l’ineffable chape de miasme l’entoura. Crevant la fine trame de sortilège qui l’entourait comme on se débarrasse d’une simple toile d’araignée. La douleur le fit ciller, mais comme la première fois. Il se focalisa sur des détails de son adversaire.

Cet échange de coups et de malédiction se prolongea loin dans la nuit. Mais jamais, il ne pourrait se faire au choc que le Toucher de la Mort suscitait en lui.

Heureusement, les choses finirent par évoluer. Gynok interrompit ses coups de taille pour ranimer ses deux frères tombés. Voilà qui augurait de meilleurs auspices. Même plongé dans ce sort funeste depuis tant de siècles, il se refusait à abandonner son clan. Vin et Marn reprirent leurs esprits. Mais cela voulait aussi dire que la pression sur Zultag allait déclinant. L’issu allait peut-être, enfin, se montrer favorable.

Le Barbare se défit de son deuxième bouclier qui avait été totalement érodé par les miasmes corrosifs de la malédiction, et invectiva ses troupes.

- Allez les gars, on reste focus. On a fait le plus dur.

Les soigneurs avaient pris la mesure des malédictions sous le calme efficace de Khiva.

Du coin de l’œil il perçut le regard de Zvare. Cette vieille carne d’Iksar qui les avait de nouveau rejoints à l’issue d’une longue retraite. Il était admiratif devant les facultés quasiment intactes du serpentoïde, en dépit d’une si longue période d’inactivité. Et lui revint alors en mémoire, d’autres combats, en d’autres temps. Talendor, Tarinax, Wuoshi… Le retour d’Arroxa leur faisait aussi un bien fou. Sans compter celui de Genki, dont l’expérience servirait aux plus jeunes recrues.

Emlar comprit que de cette synergie était entrain de renaitre ce qui avait toujours fait l’âme de leur confrérie. Un mélange de volonté farouche et d’entraide opiniatre.

Comme s’il avait été la cible d’un augure de Moejzyl, il sut en son fort intérieur que rien ne pouvait permettre à Gynok de renverser la situation. Ni ses efforts répétés pour ramener ses frères de l’inconscient, ni sa terrible malédiction. Rien.

Cerridwen menait maintenant la danse et ses invocations tissaient des liserés de dentelles mortelles. Comme hallucinée, l’envoutrice faisait naître la mort du bout de ses doigts, et ses dards cruels perçaient les antiques armures, reliques d’un autre age.

 

Gynok réalisa qu’il était le dernier. En dépit de ses efforts, ses frères ne bougeaient plus. Zathra et Nax les avaient précédés. Il puisa dans son for intérieur la rage qui l’avait toujours propulsé vers l’avant. Mais n’y trouva nulle énergie. Nul ressort. Seule la vacuité des ses efforts s’imposa à lui, l’autre face d’une malédiction qu’il portait dans chacun de ses actes depuis sept longs siècles déjà. Il était le jouet des Dieux et ceux-ci avaient déterminé son sort longtemps à l’avance.

Ce soir, il choirait. Il vue l’ironie que de tomber face à un fils de sa race. Cela aurait pu être bien pire ; un paladin de Marr l’aurait sans doute avili.

Incapable de retrouver la hargne qui aurait pu le galvaniser, il baissa la garde de sa fidèle Claymore. Au moins ne s’empareraient ils pas de son arme…

 

Moejzyl condidéra le cadavre gigantesque de Gynok gisant à leurs pieds. L’odeur du lieu était tout simplement maladive. La putréfaction était partout, elle corromprait les âmes si l’on y restait trop longtemps.

- Il n’y a rien que l’on puisse faire pour nettoyer ce lieu. Il fut maudit par les Dieux et le restera jusqu’à ce que Marr en décide autrement. En dépit de tous nos efforts, les âmes tourmentées de ces cinq là reviendront hanter ces lieux…

- Alors, on prend ce qu’on peut et on vire de là vite fait, conseilla le Barbare

- Toujours aussssi courageux le gros, confia, sarcastique Genki entre deux sifflements de sa langue bifide.

- Libre à toi de veiller leurs ossements, mais tu n’y gagneras rien de bon si j’ai bien écouté le Prêtre.

 

Annales de la confrérie – Tome XXVII

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Old 06-24-2009, 11:09 AM   #2
Lidael-MP

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Toujours un plaisir de te lire, merci Emlar ^^

Lidael-MP is offline   Reply With Quote
Old 06-30-2009, 03:27 PM   #3
Soffrina

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Très beau récit Emlar

Soffrina is offline   Reply With Quote
Old 09-19-2009, 07:22 AM   #4
scorpion noir

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AHhh c'est un regal emlarounet SMILEY

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